vendredi 31 juillet 2015

Bateaux 1 - Arbres 0 : quelle est la priorité?

Avez-vous entendu parlé du fait divers qui s'est déroulé à Luçon, en Vendée? 

30 arbres ont été abattus pour permettre le passage d'un convoi exceptionnel transportant deux bateaux. 

30 platanes centenaires vs 2 coques de bateaux. Les bateaux ont gagné. Damned shit.

J'ai beau lire que le convoi été prévu depuis plus d'un an, que le champ par lequel il devait passer était finalement impraticable, que c'est la faute à pas de chance, qu'untel ou untel est responsable, je m'en fiche.

Je m'en fiche parce qu'aucune de ces explications ne me semble valable. Absolument aucune.

Comment peut-on à ce point ignorer l'importance de la nature, le rôle d'un arbre pour l'écosystème environnant? Où vont habiter les écureuils, les oiseaux et toutes les petites bêtes qui y avaient élu domicile?

N'êtes-vous pas heureux de rouler sur un chemin brodé de platanes parfaitement alignés au Printemps? Ne sommes nous pas heureux de nous installer sur un banc en été, protégés du soleil par ses vertes feuilles? Vos enfants ne sont-ils pas heureux de les ramasser une fois l'automne venu?

Nous vivons dans un monde dans lequel l'environnement est toujours relégué au dernier plan, sur les dernières lignes de budget, et je le supporte de moins en moins. 

Je ne sais pas encore comment transformer cette colère en énergie positive pour faire bouger les choses. Même à ma microscopique échelle. Mais je trouverai.

En attendant soyons rassurés, ils vont replanter 30 arbres ridiculement petits (et donc peu chers) pour remplacer les 30 platanes détruits. Amen.

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lundi 20 juillet 2015

La névralgie pudendale: enfer et renaissance

J'attendais d'être parfaitement remise avant de venir me (dé)livrer ici. J'ai vécu une descente aux enfers qui a duré trois mois, avant de pouvoir revenir à la vie. C'est un peu mélo comme introduction, je sais, mais c'est en quelques mots le résumé de ce que j'ai traversé récemment. Cet article est très intime, mais j'ai vraiment besoin d'en parler pour pouvoir passer à autre chose.


Tout a commencé début avril par une douloureuse cystite qui a trainé en longueur. J'avais mal en permanence. Pas uniquement aux toilettes. Deux séries de 10 jours d'antibiotiques plus tard, je pensais être remise. Début mai, de nouveaux désagréments sont apparus dans "cette" zone, en complément d'une nouvelle cystite. Deux médecins et deux nouvelles séries d'antibiotiques plus tard, rien ne me soulageait. Un docteur a fini par m'injecter un antidouleur en intraveineuse pour calmer la crise. Parfaitement inefficace. J'ai continué à travailler, à partir entre midi et deux, le soir ou le weekend à la permanence médicale, à passer au laboratoire d'analyses tous les quatre matins pour des prises de sang et des analyses d'urine. Les résultats étaient toujours négatifs. Crèmes, ovules, anti inflammatoires, cortisone. Tout y est passé. Aucun effet.

Mon médecin traitant a ensuite eu l'idée de faire un dépistage de différentes MST. Le prélèvement a été ultra douloureux. Et dois-je vous parler de cette pétasse de laborantine qui m'a regardée de travers, comme si j'étais une prostipute? Connasse. Oui, je peux le dire, c'est un mot à la mode, qui s'affiche en couverture de livres, de mini série et de film. Reprenons l'histoire. Comme ça ne pouvait pas venir de moi, ça venait forcément de mon mari. Forcément. Ambiance pendant les vacances en Italie...Les résultats sont arrivés, négatifs. C'était évident, mais la douleur m'épuisait et je n'arrivais plus à réfléchir correctement. Le seul problème visible était une dégradation de la flore due aux prises d'antibiotiques répétées. Un médecin italien m'a prescrit un nouvel antibiotique. Inefficace.

Épuisée par la douleur en continu et démoralisée, j'ai fini par arrêter les généralistes et j'ai appelé ma gynéco. RDV le 16 octobre prochain. No comment. Grâce à Super Nounou, son gynéco m'a reçue en moins de deux jours. Un type pas agréable du tout, mais bénéficiant d'une excellente réputation. Mardi 22h00, j'entre dans son cabinet. Je lui explique tout, en essayant de ne pas oublier d'informations. Il écoute très silencieusement puis me demande de passer à côté pour m'examiner. Comme lors du prélèvement, c'est une véritable séance de torture. Je crie, je pleure.

Il termine son examen, retourne à son bureau et lâche enfin le diagnostic. 

- Madame, vous n'avez aucun trouble gynécologique. Vous allez parfaitement bien de ce côté-là. En revanche, vous avez ce que l'on appelle une névralgie pudendale

- Gné? Une quoi? 

- Le nerf pudendal passe profondément dans votre bassin. Il sert à innerver toute la zone gynéco. Lorsqu'il est coincé, il provoque de très vives douleurs. C'est très certainement dû à votre chute de septembre dernier. Vous allez devoir vivre avec ça toute votre vie. Vous allez devoir apprendre à gérer la douleur pour mieux l'accepter. Vous comprenez ce que je vous explique?

- Je crois.

Il m'oriente alors vers un spécialiste de cette maladie, dont le cabinet est par chance à Aubagne. Une opération est envisageable pour me soulager.

Je suis abasourdie. Une fois à la maison, je cherche plus d'explications. Ce que je lis me terrorise. L'examen que ce spécialiste doit me faire pour confirmer le diagnostic est purement inhumain. Je n'arrive pas à dormir. J'ai très mal et j'ai peur.

Le lendemain, j'appelle le spécialiste qui accepte de me recevoir le mardi suivant en urgence. J'appelle également mon ostéopathe, car j'ai lu sur le web que certaines manipulations pouvaient soulager un peu la douleur. Il ne connait pas bien cette pathologie rare et m'oriente vers un confrère à Marseille. Il me reçoit deux jours plus tard.

Pendant ces deux jours, je suis un zombie. Je ne veux plus voir personne, je pleure sans arrêt, je suis au radar. Comment vais-je faire pour vivre avec ces douleurs toute ma vie? Quand est-ce que je ne vais plus réussir à me lever, à marcher, à travailler? Pourquoi n'a-t-on pas fait un second enfant avant? C'est trop tard maintenant, je n'arriverai pas à gérer une grossesse avec cette douleur qui va s'amplifier au fil des mois.

Arrivée chez l'ostéo, je lui raconte brièvement cette histoire. Il n'est pas étonné, il connait bien les névralgies pudendales. Quelques manipulations assez désagréables plus tard, il m'annonce qu'il a réussi à décoincer le nerf et que tout va rentrer dans l'ordre d'ici une semaine. J'ai de la peine à y croire.

Mais ça a vraiment marché. Les douleurs s'estompent doucement au fil des jours. Mardi, je décide d'annuler le rendez-vous chez le spécialiste. Je ne passerai pas l'examen inhumain. Je vais arrêter de souffrir après trois mois en enfer. J'arrête de pleurer.

Depuis deux semaines, je peux dire que je revis. La douleur n'est plus là, je retrouve ma joie de vivre. 

J'ai eu énormément de chance d'avoir été diagnostiquée aussi tôt. Certaines personnes subissent ça pendant des années avant qu'un médecin pense à cette pathologie rare. Ce nerf se coince principalement lorsqu'on fait une chute violente (dans mon cas, 17 marches tête la première) ou que l'on a un accouchement par voie basse très difficile.


Cet article, très salvateur, va me permettre de clore ce vilain chapitre. J'espère également qu'il va rester dans un coin de votre tête. Car si un jour vous êtes confrontés à des médecins qui ne trouvent pas ce que vous avez, accrochez-vous et faites-vous confiance. La solution peut être là où on ne l'attend pas. Accrochez-vous, continuez de taper aux portes, jusqu'à ce que la bonne s'ouvre.